LIVRE ANCIEN - Livre d'occasion


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Livre ancien SCIENCES ET VOYAGES 98
Voyages et hébergement
couturier, à mes deux charpentiers devrais-je dire, car ils sont deux à réparer et construire. Leur tâche est absorbante, exigeante, précise. Chacun dirige son petit atelier avec l'autorité indiscutée et la calme désinvolture d'une longue pratique, conseille, ordonne, bouscule et, toujours en activité, se réserve le plus délicat de la besogne. Il n'est pas un subordonné d'ailleurs qui, de longue date, ne connaisse le travail et la foule d'enfants qui les entoure, en les voyant à l'ouvrage, apprend déjà son futur métier. « Personne ne sait faire cela s'il n'est macoua me dit fièrement et approximativement un gosse dans un jargon qui veut être du français. Ici tout parait fixé à l'avance et depuis des siècles, des millénaires peut-être : l'âge des bois, la place de cette jeune planche de manguier pondichérien, celle de ce vieux morceau d'arbre malabarais qui doit résister à la pression de la barre, la forme de la coque surtout qui doit épouser le flot. L'important est d'assurer à l'ensemble la sou- Les avirons aussi sont cousus. plesse et l'élasticité qui permettront à la schelingue de « répondre s à la mer. Les planches sont d'abord huilées là où elles doivent être courbées au feu. Ensuite, elles ne sont pas assemblées, mais simplement juxtaposées avec une grande minutie avant d'être symétriquement perforées. Bourre de coco et paille de riz. C'est ici qu'intervient l'étrange. A l'intérieur de la future coque, au joint des planches, le tatchaïn applique une poignée de bourre de coco qu'il recouvre aussitôt, dans le sens du bois, d'une javelle de paille de riz. La couture (Kattou) coincera le tout. L'aiguille est taillée dans l'écorce d'un bambou dont les fibres sont réunies par une épissure sommaire au fil double en corde de coco. Le travail se fait à deux comme le montre la photo ci-contre. Après chaque point, le fil est serré au moyen d'un petit levier autour duquel on l'enroule parun tour mort. Une chevi coince la corde ainsi tes dant que le second par le trou suivant la t térieur. D'énergiques marteau tassent le boud chéité ainsi constitué e sent quelque peu l'imp bourre de coco qui (c macouas) fera mortier a de l'eau de mer. Enfin de couture sont obturé: cheville de bois. De la même façon, de pare-chocs sont constitt face extérieure de la pr C'est tout ! De quoi f nos calfats ! Le plus surprenant es de si antiques procédé: de Pondichéry réussisse rendre des points à de tions plus modernes. Or débarquements-éclair : même 800 tonnes en mc journée avec une quara « schelingues s. C'est grâce à la vi macoua, à ses tradition sens de la mer que sont de tels records.

On pêche la baleine sous l'Equateur au large des côtes du Gabon.

L'A. E. F. a exporté en 1950 plus de 10.000 tonnes d'huile de baleine. On pêcherait donc sous l'équateur cet animal légendairement réservé aux épopées arctiques ou antarctiques ? C'est pourtant la stricte réalité. Il n'était que de se rendre, en juin dernier, au cap Lopez, à quelques milles à l'ouest de Port-Gentil, au Gabon, pour en avoir la preuve la plus tangible. Mieux que la piste qui longe péniblement la plage, la voie maritime conduit de Port-Gentil au cap Lopez, longeant une côte des plus pittoresques, et d'abord les grandes installations de l'usine de déroulage du bois de la Compagnie Française du Gabon. Après un bref voyage, ce qui attend le visiteur du cap Lopez, ce sont deux usines, l'une flottante, à bord d'un cargo adossé à la côte, l'autre sur la côte ressemble à bien des usines européennes, l'odeur qui s'en dégage différant cependant. Autour du navire usine qui bat pavillon français, flottent, gonflées, les baleines qu'ont amenées les chasseurs, bateaux rapides ressemblent à des chalutiers, qui ne cessent de sillonner les flots d'alentour. Avec un équipement rigoureusement semblable à celui qu'on utilise dans les mers australes ou septentrionales, avec le même personnel norvégien pour sa majeure partie, on chasse et on traite les baleines à quelques « minutes » — il n'y a pas même un degré —au-dessous de l'équateur. * * Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'on a décelé la présence de baleines sur le littoral gabonais. Depuis de longues années, en ordre dispersé, et avec des succès inégaux, certaines nations poursuivaient ce cétacé dans l'Atlantique central. Car leur itinéraire, chaque année, est toujours le même, parties de l'Antarctique les baleines remontent vers le nord pour toucher les côtes sud-africaines• non loin au nord du cap, elles prennent ensuite le large et retrouvent l'Afrique au cap Lopez, dont elles longent la falaise de sable, qui tombe droit dans des fonds considérables. Puis, après être remontées vers le nord pendant quelques dizaines de milles, elles rebroussent chemin et regagnent leur mer d'origine par le grand large. Chaque année, de juin à octobre, s'observe cette migration, chaque année on repère au large du cap Lopez des baleines qui, sans atteindre les dimensions vertigineuses des baleines bleues chassées dans les mers du Sud, ont tout de même jusqu'à 15 mètres de long et pèsent jusqu'à 40 tonnes. C'est ce qu'on appelle de petites baleines ! En 1950, plus de mille quatre cents baleines ont été ainsi capturées et traitées, produisant plus de 10.000 tonnes d'huile et plus de 3.000 tonnes de farine de viande. Certains chasseurs ramènent jusqu'à huit baleines par jour, une émulation, aiguisée par d'importantes primes, jouant entre les divers équipages. Et la baleine contient encore bien d'autres
L'ANANAS VOYAGE
Un splendide. cortège. N'étais-je pas accompagnée de beaux noirs armés de coupes-coupes, qui ouvraient un passage, chassaient les reptiles et se préparaient à couper devant mon objectif les fruits les plus beaux, selon la vieille méthode ancestrale, d'un seul coup de leurs lames tranchantes ? Ce fut ensuite le splendide cortège des corps noirs et luisants de sueur, portant sur leurs têtes les fruits désormais sacrifiés à notre gourmandise. Le « roi des fruits » est détrôné, pesé, la tige est désinfectée au permanganate, afin que sa blessure n'attire pas les parasites qui pourraient attaquer le fruit durant son long voyage, sur terre et dans les airs. Puis, suivant le cortège, j'arrive sous un grand hangar où une main-d'œuvre masculine noire emballe avec dextérité et soin les fruits encore mal mûrs par deux, six ou plus, selon les commandes parvenues de très loin, souvent. C'est une grosse industrie, car le touriste de passage en fait largement bénéficier les amis plus sédentaires. En avion. L'emballage de l'ananas est très douillet, on ne lui refuse ni matelas de fibre, ni coussinets isolants. L'enveloppe est épaisse, résistante, ficelée impeccablement; les paquets sont nets et ne souffriront ni des cahots des camions mal suspendus qui les amèneront à la côte sur des pistes invraisemblables,ressources : les essais qui viennent d' pour la mise en conserve de la baleine ont été concluants : un pâté de baleine peut soutenir la comparai les meilleurs pâtés de campagne. Qt viande cuite et mise en boite. elle des plus étrangement à l'ordinaire beef. Le boucanage et la fumaison per sans doute de préparer un aliment in pour les populations côtières, totales vées d'aliments carnés. Enfin, les s'amoncellent maintenant autour de l' tas considérables, constituent le mei grais pour l'enrichissement -de la terr toral, par trop sableuse. Ils seront pc coup bientôt dans la réalisation des maraîchères qu'on projette de faire a Port-Gentil. PAR AVION (Suite de I ni de la façon désinvolte dont ils passeront en mains, de véhicules en véhicules, jusqu en avion... Car c'est en avion qu'ils arriveront i France, malgré tant de voltiges. C'est une entreprise d'Abidjan qui a d'organiser un service régulier de transpo Les ananas délicats passent ainsi, en quelqu de la brousse tropiçale sur la table des ; en pleins frimas de nos villes, frimas qui 0 dent à la période de maturité du roi africains.
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Nous ne saurions trop recommander à breux lecteurs et abonnés qui colle Sciences et Voyages » de prendre r tion de luxe. Tirée sur papier surglacé, sous couve papier couché, les exemplaires de cett constituent chaque année la documentatie remarquable et la mieux présentée. L'abonnement d'un an ne coûte que I de plus que celui de l'édition ordinaire France : 880 francs, étranger : 990 fra Au numéro (votre marchand habituel le procurer à compte ferme aux Messager port-Presse), 15 francs de plus que l'édit naire, soit : 75 francs. On pêche la baleine sous l'équateur au large des côtes du Gabon. 98 Revenir à l'accueil Sommaire du livre ancien SCIENCES ET VOYAGES sur www.livreoccasion.com