LIVRE ANCIEN - Livre d'occasion


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Livre ancien SCIENCES ET VOYAGES 85
Voyages et hébergement
Porte de style arabe. Mosquée de Darimbamba.

VISITE A N'TSAOUENI, VILLAGE COMORIEN

Notes de René ROUSSEL
ZNIèREMENT, pour me délasser agréa)lement l'esprit, tout en prenant tues notes et des photos, je décidai de N'Tsaouéni. village, qui compte près d'un millier es, s'allonge entre la côte et la route qui Moroni, capitale de la Grande Comore, seconde agglomération, au nord de l'île : Lmiouli. tin village comme les autres. première vue, N'Tsaouéni n'est guère ent des autres localités de second ordre Lrehipel comorien. Lbord, on y remarque une vaste toiture bes, supportée par des piliers à section C'est le « chindro n (marché), où les es vendent, achètent et échangent toutes de denrées. long des ruelles sans trottoirs ni cani:, s'alignent des cases en feuilles de ers tressées et des maisons qui possèdent is un étage. Elles ont des murs épais où -ent une petite porte et de minuscules es et qui sont invariablement faits de recouvertes de chaux de coraux. temps à autre, s'ouvre une place try » (du malgache : discours), où l'on jouer et bavarder, assis sur des bancs rre. Généralement, on y accède par une porte de style arabe. un puits d'eau saumâtre (foumbou) ; e citerne élevée en roches volcaniques. i peu partout, des tombes, des ruines, osquées surtout... ime partout ailleurs dans les Comores, rames circulent sans hâte, ou tiennent igues discussions dans quelque coin gé. Les uns ne possèdent pour tout ent qu'une vieille pièce d'étoffe serrée Lille et descendant jusqu'aux chevilles ; t abrités par un large chapeau de paille i moins déchiqueté : ce sont les pauvres, lciens esclaves », comme disent les gens ne bourgeoise. Les autres portent, sur leur costume de toile, la longue ;re lévite blanche ; et leur chef s'orne cou fia » (bonnet de dentelle) : ce sont ersonnages plus aisés, propriétaires, commerçants, etc... gamins, généralement nus et obèses, t, se chamaillent, s'arrêtent pour vous ier et, parfois, vous suivent avec curio- Tt aux femmes, enroulées des aisselles evilles dans leur « lamba » aux teintes elles bavardent, accroupies devant les portes des cases. Ou bien, le ventre en avant, les reins creusés et la croupe rebondie, elles transportent sur leur tête rasée un panier, une cruche ou... une boîte d'allumettes. LES COMORES « Entre la pointe méridionale de Madagascar et la côte du Mozambique, s'élèvent les volcaniques Comores (Karthala, 2.56o mètres, est encore en activité) ; quatre îles principales ( Grande Comore, mille cent quarante-huit kilomètres carrés, Anjouan ou Johanna, trois cent cinquante-neuf , Mayotte et Mohéli), ainsi que de nombreux îlots et rochers. Le petit archipel des Glorieuses est administrativement compris dans les Comores ; les Glorieuses se composent de trois îlots coralliens, dont un seul est habité ( Guano) . » (Extrait de l'Encyclopédie géographique de poche.) Ancienne tour de guet. (Dans le fond, le marché.) Curiosités locales. Je me fis conduire à l'école officielle et me présentai à l'instituteur. Cet aimable fonctionnaire, à qui j'exposai le but de mon passage, envoya quérir un notable qui, dit-il, était fort capable de me guider : c'était un ancien chef du village. Mais il ne connaissait pas le français. Aussi le e foundi » (maître) me confia-t-il, pour nous servir d'interprète, l'un de ses meilleurs élèves. Mon cicerone me fit d'abord voir d'antiques tombeaux de rois et de princes. Ces sépultures peuvent être comparées à d'humbles tombes de nos cimetières, à cela près que, bien entendu, elles ne sont pas ornées de la croix. Il me montra ensuite, divers amas de pierres noirâtres : les vestiges des « palais » de certains anciens souverains de M'Boude, du roi Singa, en particulier. Autrefois, en effet, la Grande Comore était divisée en une dizaine de provinces placées chacune sous l'autorité d'un sultan. N'Tsaouéni était la capitale d'un de ces petits Etats, le M'Boude. Cependant, nous nous rapprochions de la plage. Je pus alors examiner les restes des remparts qui se dressaient le long de la côte. N'Tsaouéni, comme chaque village, était jadis protégé par une enceinte de trois à cinq mètres de hauteur. Cette partie-ci des fortifications avait été élevée dans le but de défendre la communauté contre les pirates malgaches qui débarquaient aux Comores avec le dessein de s'y approvisionner en esclaves. D'ailleurs, un peu plus loin, vers l'intérieur, une tour massive subsiste encore, d'où les guetteurs surveillaient la mer d'un ceil vigilant (1). Nous traversâmes ensuite une place assez vaste. Au centre, se voyait une sorte de grosse borne. C'était là, m'expliqua mon guide, qu'un saint homme, Djoumbe Ouma Madidjimba, rassemblait la population pour lui enseigner les principes de la religion musulmane. T'Saouéni possède un nombre relativement élevé de mosquées. J'en visitai la plupart. De l'extérieur, elles sont assez semblables aux autres bâtiments du village. L'intérieur n'a aucun caractère artistique. Seul, l'autel est décoré d'arabesques sculptées et d'inscriptions coraniques gravées dans la pierre. Toutefois, l'une d'elles, bien que petite, est assez jolie : c'est le temple édifié par Darira- (r) Ces incursions dévastatrices se produisirent principalement au début du xix. siècle. Ce fut grâce au traité passé entre sir Robert Farquhar et Radama IUT de Madagascar qu'elles prirent fin (1817). 85 Revenir à l'accueil Sommaire du livre ancien SCIENCES ET VOYAGES sur www.livreoccasion.com