LIVRE ANCIEN - Livre d'occasion


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Livre ancien SCIENCES ET VOYAGES 62 et 63
Voyages et hébergement

LE CARNET DE RAYMOND MAUFRAIS

Disparu dans la forêt guyanaise

UN JOURNAL DE LA SOLITUDE, DU COURAGE ET DE LA FAIM.

Le 7 juillet 1950, une dépêche envoyée par radio de Guyane hollandaise et reproduite dans la :e du monde entier, annonçait que des Indiens avaient retrouvé des effets et le carnet de notes du e voyageur et reporter Raymond Maufrais — qui aurait dû, à cette même époque, avoir rejoint, s trop audacieux projets s'étaient réalisés, le port brésilien de Bélem, après avoir exploré u seul trente kilos de bagages s la région des Tumac-Humac, entre la Guyane et le Brésil. Le carnet de notes ainsi découvert, transmis au père de Raymond Maufrais, à Toulon, par la •cture de la Guyane, après les longs délais administratifs inévitables, va être publié par Sciences oyages, conformément à la volonté exprimée par son auteur et que sa famille a tenu à respecter. s l'en remercions ici, au nom de nos lecteurs, qui suivaient tous avec intérêt et émotion la tentative une voyageur et ses récits si vivants et si colorés. *** La première partie du carnet ayant été la matière des récits déjà parus dans cette revue, nous nençons notre publication à partir du départ de Maufrais de Maripasoula, en novembre 1949. Quoiqu'il s'agisse ici de notes brutes, les qualités de forme du récit ne sont guère diminuées : 'ualités étaient, en effet, trop spontanées chez Raymond Maufrais pour ne pas se manifester au nier jet. Elles ont, au contraire, une vertu encore plus directe et, souvent, plus poignante. Ces notes vont donc du départ de Maripasoula jusqu'au moment où, après avoir fait la jonction •ivières Ouaqui et Tamouri, seul, mourant de faim dans la forêt, le jeune voyageur décide de modipour un temps son itinéraire, de rejoindre la rivière Camopi et de la suivr6 jusqu'au poste de :venue, à soixante-quinze kilomètres, soit dix jours de marche, abandonnant provisoirement le lourd de ses bagages, son carnet de notes et même sa carabine. Pendant dix jours, il va, pense-t-il, marcher allégé, « comptant sur la Providence » pour ren,.er un crocodile qu'il sabrera ou une raie qu'il harponnera. ...Hélas ! Il ne devait pas arriver à Bienvenue, au nom tristement dérisoire... * * Dans la première partie de son trajet, Raymond Maufrais a connu de grandes difficultés, parce n'avait pu acheter de barque convenable. Du fait de la longueur imprévue de son attente à Oayenne, 'ait d'abord largement consommé ses réserves et ensuite aucun envoi d'argent ne lui était parvenu,' •aison de ses déplacements continuels (ce qu'il ignorait) ; enfin, il avait été, avant d'arriver à -ipasoula, littéralement rançonné par ses porteurs créoles. Mais une fois le trajet en rivière terminé, ce qui a joué essentiellement contre lui et l'a finalement .cu, c'est ce dont plusieurs spécialistes l'avaient averti (nous lui avions nous-mêmes transmis de avis et il les écartait en riant) : le manque de gibier et de nourriture dans la forêt guyanaise. dt « pluvieuse et vide », comme l'écrivait dans nos colonnes l'ingénieur-géographe Hurault, qui avait même dirigé une mission géographique organisée dans l'intérieur de la Guyane, mission dont ufrais devait d'ailleurs utiliser les restes de campements et les coupes opérées dans la sylve. L'effet de cette absence de gibier, ce fut d'abord, pour le malheureux voyageur, la dyseniei ic .ltant de l'ingestion d'aliments salés et séchés ou malsains, puis la faim, la faim obsédante et épui.e qui devait finalement interdire à Raymond Maufrais l'exploit dont il rêvait. Il reste cependant ceci, comme nous l'écrit le père de Raymond : « La jonction Ouaqui-Tamouri était considérée comme impossible par un homme seul et elle a été réalisée difficilement par l'expédition de recherche du disparu, expédition composée de douze ou quinze hommes avec vivres. Or, Raymond a fait cette jonction seul et sans vivres, avec vingt-cinq kilos de bagages sur le dos I » t** Quelques mots encore sur la présentation des notes de Raymond Maufrais : Nous avons conservé le numérotage des pages du carnet, tel que l'auteur l'avait fait, mais nous ris ajouté les sous-titres indispensables. Nous avons, d'autre part, mis en italique les passages où Raymond Maufrais traduisait ses exions et ses sentiments, pour les distinguer des passages purement narratifs ou descriptifs, ce qui mettra au lecteur de mieux suivre les mouvements de la pensée de l'auteur. Certains des passages ainsi mis en italique sont inspirés à Raymond Maufrais par la foi de enfance. Nous demandons, en règle générale, à nos collaborateurs, de ne pas faire mention, dans reportages, de leurs convictions religieuses ou politiques. On comprendra qu'un respect élémene nous ait commandé de faire une exception à cette règle pour le carnet de Raymond Maufrais. Enfin, Raymond Maufrais n'ayant pu — en raison des accidents subis par son appareil — ser de photos avec son carnet, les textes que nous publierons seront généralement dépourvus d'illusion, à l'exception des cartes et de quelques vues prises par la mission de recherche en certains lieux est passé l'auteur. SCIENCES ET VOYAGES. Jeudi 10 novembre. Il a plu toute la nuit. J'ai songé à Paris, à l'asphalte gluante, au métro, à l'odeur du journal de la dernière édition, à la vie, à mes parents... Cafard. Pas dormi de la nuit. J'ai terminé mes reportages pour Sciences et Voyages. Ouf I ç'a été dur. Page 120. A l'aube, j'ai commencé à ranger mes bagages... C'est le départ pour l'Ouaqui. Enfin !... Et pourtant, que d'ennuis encore, car il y a la pirogue à trouver, à acheter et... à payer. Vingt-cinq francs en poche !... « Ris donc, Paillasse, ris donc de tes malheurs... » Tout est prêt... sauf le motoriste. Tout est prêt, sauf le motoriste qui, en voyage chez sa belle, a oublié de rejoindre son poste à l'heure prévue. Contretemps qui m'indiffère : question d'habitude 1 Ni angoisse, ni joie réelle à ce départ... Un peu d'étonnement et d'amertume. Je me demande pourquoi, car je devrais en avoir l'habitude ! Les Boschs (1) travaillent dans leurs cases, fabriquant qui une pagaie, qui un tam-tam, qui un peigne. Ils sont d'une habileté remarquable, n'employant que des outils rudimentaires : hache, canif. Pagaies ajourées, ciselées comme des abat-jour. L'art bosch, hélas ! est d'une inspiration restreinte : les mêmes motifs se retrouvent dans toutes leurs sculptures, qui finissent par perdre toute originalité. Presque du travail en série. Parce qu'ils aiment ces dessins, ces couleurs, ces formes, ils n'en sortent plus, n'ajoutant aucun cachet personnel à leur travail, ne recherchant aucune fantaisie, hors celle de leurs ancêtres qui est devenue la leur, qu'ils aiment et qu'ils ne varient pas. Vendredi 11 novembre. Je viens d'assister à l'ablation de la' première phalange d'un Boni (2). Dextérité de. l'infirmier. Deux piqûres de novocaïne, ouverture en croix. On saisit l'os avec une pince, on serre fort, on arrache avec une légère torsion. L'os apparaît, noir... Du sang, beaucoup de sang. Sulfamides pour plâtrer l'ouverture... et le malade, rajustant son calimbé, reprend la pagaie pour regagner seul son village... situé à une demi-journée de pirogue. Quant à moi, je suis pâle. Je ne peux supporter ces opérations qu'avec de nombreuses sorties au grand air. Coeur faible? Cela m'exaspère. J'essaie depuis longtemps de me vaincre, depuis que je m'en suis aperçu en assistant à une opération de l'appendicite, au Brésil. C'est dur, mais on y arrivera. Bon sang! je ne suis pas une femmelette! Chasse. Page 121. Samedi 12 septembre. Et toujours à Maripasoula-Poste. Tanis, le` Boni motoriste, n'étant pas de retour du village de Sini où il est allé assister à un conseil de famille qui statue sur sa séparation de corps et de biens avec sa femme légitime. A notre arrivée, hier au soir, « Guitare » (N. D. L. R. : cérémonie magique) bosch, interprétée par une vieille femme de Boniville peinte en blanc et couverte de parures, ayant à la main une calebasse pleine de sable agitée comme un hochet. Danses, incantations, palabres. Elle est venue écarter le démon menaçant un Boni. Quelques filles ont dansé pour nous au Poste, cependant que nous célébrions le 11 novembre avec un mauvais mousseux. Aujourd'hui, pêche et lessive. (I) et (2) Bosch et Bonis sont des noirs descendant d'esclaves révoltés de la Guyane hollandaise, au xviii• siècle, dont la principale occupation est le transport fluvial. (N. D. L. R.) Dimanche 13 novembre. Peut-être demain le départ: Journée morne. J'en ai assez d'ingurgiter haricots et « couac s. Mes cuisines ne varient pas. Chasse, ennui, cafard. Ah! partir enfin... Et toujours pas de canot. Le motoriste vient d'arriver. Départ demain. Départ de Maripasoula. Maripasoula, 13 novembre. PaDg ép1a2r1t. demain, après avoir attendu en vain l'argent demandé à Cayenne et à Paris par télégramme. 14 novembre. Départ aujourd'hui. Je me sens drôle. Hier soir, en regardant la brousse endormie, j'ai eu peur des jours à venir. Ah! cette peur qui, insidieusement, de temps à autre, pénètre en moi et me fait réfléchir aux conséquences de ce que je vais entreprendre. Ce sera soit l'échec, c'est-à-dire la mort, soit la réussite. Pas de demi-mesure! Aller droit de l'avant et demeurer courageux, surtout, ô mon Dieu! garder mon sang-froid en toute occasion... En compagnie du gendarme Bourau et de deux Bonis, nous quittons à 8 heures le poste de Maripasoula en canot à moteur. Le Maroni, très large, est superbe ; quelques rapides passés facilement et voici Entouca, village de mineurs, puis, à 13 h. 30, le poste Ouaqui, situé à la confluence de l'Itany et de l'Ouaqui. Le douanier Zéphir embarque avec nous à destination de Grigel. L'après-midi est étouffant ; enfin, à 16 heures, nous atteignons Bostos, puis le « degrad « Roche, oùonous passons la nuit chez un créole. Pluie, cafard. Les gens, comme d'habitude, s'étonnent : — Quel courage ! Et le douanier, sentencieux : — J'ai l'impression de vous conduire à l'échafaud. ça me fait de la peine. Merci, Zéphir, et que le doux vent dont tu portes le nom m'accompagne à bon port! Le gendarme Bourau est un homme très sympathique, mais, après ce que m'a ditZéphir, son nom me donne froid dans le dos ! J'ai hâte d'être seul. Les heures passent vite, je n'arrive pas à fermer l'ceil de la nuit. Page 122. Mardi 15 novembre. Départ au petit jour, navigation sans histoire. A 12 heures nous arrivons à Grigel, ancien village de mineurs, jadis florissant, aujourd'hui déserté. Deux habitants créoles martiniquais et une femme bosch. Nous sommes reçus par les Martiniquais. Je demande un canot, il n'y en a pas. Je suis disposé à l'échanger pour mes vivres. Finalement, on me propose, pour rien, une vieille pirogue abandonnée, aux bordages défaits, pleine de trous et de fissures, faisant eau de toutes parts, mais, après examen, capable de naviguer encore dix ou quinze jours. J'accepte avec joie et me mets aussitôt à l'oeuvre. Je calfate de mon mieux, je bricole de-ci, de-là ; le gendarme m'offre une pagaie. Me voici paré. Grigel n'est plus le dernier village di l'Ouaqui. Un autre vient de se fonder plu: haut, sur la rivière, appelé Vitallo. Le gen darme décide de s'y rendre et, par la même occasion, de remorquer mon canot jusque-là ce qui me ferait une sérieuse économie d temps. Nous partirons demain matin. Méditation dans mon hamac. Le soir, dans le hamac, je songe longuem?n Mon coeur bat un peu la chamade. En rou pour les Tumuc-Humac... ça y est, j'y sui Seul bientôt! Quelques heures encore du mono civilisé. Cafard... Maintenant, sans rien dire Personne, j'ai peur... Mon moral est rudeme mis à l'épreuve par un mois d'inertie. Il est vrai que l'aventure sans souffran morale de temps à autre ne serait plus la « belle aventure », mais une aventure quelconque. Sans peine et, par conséquent, sans satisfaction. L'eficort physique n'est rien; surmonter un moral défaillant, c'est mieux! — Si vous n'avez pas bon moral, inutile de partir, m'a dit le gendarme qui me voit mélancolique. — Non... moral excellent. C'est faux, mais on me prendrait vraiment pour un fou si l'on savait que je pars avec appréhension. L'enthousiasme a été douché! Il y a eu trop de préliminaires. J'aurais dû penser avec mon moral de France. Mais je n'en avais pas les moyens. Page 123. Bah ! on trouve un plaisir amer à se fustiger de la sorte, à s'imposer des volontés, simplement pour voir, pour être e sport »... ... Mais on rêve d'un fauteuil confortable sentant le vieux cuir, avec un dossier creusé par vos reins et dans lequel vous êtes encastré délicieusement, avec une lampe douce sur un guéridon bas, débordant de revues et de journaux. Puis un pot à tabac, une file de pipes bien culottées, la pluie qui tambourine sur les volets clos; par les rainures de la persienne, on voit un bout de bitume glacé avec le reflet des réverbères jaunes et on entend le vent qui fait grincer les enseignes sur leur tige rouillée ou fait dégringoler quelques tuiles. Le « Mirus », dans le fond de la pièce, pétille d'une flamme claire qui danse derrière le mica, son vernis roux est tiède. Une bouilloire ronronne. On tourne un bouton, voici de la musique ! Et cependant, j'ai été las de tout ceci, à quoi je songe pourtant avec intensité, ce soir. Peut-être parce que la pluie, sur les feuilles de palmier, brutale, tombe sans arrêt et que les singes rouges mènent un vacarme assourdissant et que je suis seul à rêver, dans mon hamac, de tout ce que j'ai laissé. Bruits de la forêt, e9roi, ennui, l'on pense aux heures bénies, pleines de quiétude des hivers de France. Premiers « coups durs ». Mercredi 16 novembre. Nous partons à l'aube, au moteur. Mon canot est remorqué et, installé à l'arrière, je le dirige, ma pagaie faisant office de gouvernail. Las ! Au premier coude de la rivière, le moteur hoquette, crachotte... et c'est à la pagaie que nous revenons tous à Grigel. Nouveau contretemps et la panne s'annonce sérieuse. Impossible d'attendre, je suis trop énervé. Je calfate à nouveau la vieille barcasse, installe mes bagages-photos avec le gendarme et le douanier et en route ! J'ai le coeur un peu gros, puis très vite, je suis absorbé par la conduite de mon embarcation qui est assez lourde et peu maniable. Elle est construite pour quatre personnes au moins et moi, seul, connaissant à peine quelques rudiments de navigation, je suis bien embarrassé. Il y a trois jours, à Maripasoula, j'ai fait mes premières armes, à la grande joie des nègres. Je tournais en rond sans parvenir, malgré mes efforts, à démarrer. Marcher à la pagaie bosch est un art. J'ai mis... Page 124. ...quelques heures à saisir le coup de main et enfin, maintenant, c'est passable. Nouvel incident. Au premier rapide, ma pagaie, battant une roche, se brise net. Etant à quelques minutes du village, je me laisse porter par le courant, dirigeant avec le tronçon de pagaie. Arrivé là, ayant trouvé par bonheur un bois qui s'y prête bien, j'entreprends la fabrication d'une pagaie, au sabre, au rabot et au couteau. C'est long, pénible et délicat. Je travaille avec ardeur sous un soleil de plomb et, en quelques heures, je suis maître d'une grosse pagaie grossièrement taillée, lourde, mais surtout solide et c'est le principal. En route...et cette fois, je pense que ce départ est le Le rapide, trop fort pour mes capac est franchi, non sans mal, à la tord J'apprends à mes dépens combien le cou violent est capable de culbuter un homm son canot en quelques instants. Je bande mes muscles, rétablis la situa et trouve enfin des eaux plus calmes o puis arrêter et écoper le liquide qui a en le canot et mouillé les bagages. Vers 4 hei c'est la halte. Je fais cuire quelques poig de haricots, un « viandox », arrime le bat débarque les bagages, fume une pipe. C'est la nuit, je suis seul... C'est la nuit, je suis seul. Cette fois, ( est, « j'y suis ». Et ça me fait tout de m un peu peur. Première nuit seul en fc première étape d'un raid qui en comp quelques centaines... un peu de cafard, normal. Il s'agit de le surmonter les pren jours; après, ce sera la routine. Mais c'est dur à surmonter, ce soir ; l'estomac serré et c'est Boby qui s'offr casserole de haricots. Quelques naus Fièvre? A tout hasard, je prends deux n quines. Une chanson me revient, qui parle de P, Je songe à la France. Je pense au reto déjà! Le premier jour, ie me croyais fort. Tien je viens de penser à une échappatoire... ç'd mal! Je m'engrène dans le cafard, j'ai p maintenant, de flancher. Ne pourrais-je écot le raid, revenir vers Cayenne, vers la vie? Ah! ce premier soir! Mais non, je suis que demain ça ira mieux. Certainement, voy( ça ira mieux! Il pleut. Le feu, noyé, s'eMIt éteint ; la f est pleine de cris d'oiseaux, de cris étrai qu'il me semble entendre ce soir pouf première fois et que je connais bien, ce] dant. Page 125. La pluie tambourine sur la bâche du ha tendu entre deux arbres moussus. « plouf ! » dans l'eau, des choses qui se bat et se débattent, l'appel rauque de deux ; qui passent. De grosses mouches bourdonn tout est noir, tout est vague, je suis hara mais le sommeil me fuit. Pelotonné sous la moustiquaire, les grands ouverts, je prie instinctivement. Peut• est-ce la fièvre qui me donne cette angoisse ; je pense à mes parents, à eux surtout ! Jeudi 17 novembre. Je vide la pirogue qui a embarqué tc la nuit et décide de la baptiser Anouhé qui, en taki-taki (1) signifie : « Allons, avant!e. Ou l'on revoit le gendarme Bourau. J'embarque les bagages, lorsqu'un bruit moteur se rapprochant me surprend. C Bourau qui, ayant réparé, file sur Viti Il s'arrête. — Bien dormi? — Bien dormi, et vous? — Oui, merci. Il propose d'emmener les bagages et de déposer là-bas. Pour mon canot, imposs pour lui de le remorquer, son moteur ét faible. Je refuse pour les bagages ! J'y s j'y suis ! — Au revoir, à tout à l'heure ! Ils ont vite fait de disparaître. Je dé= lentement. Des ampoules gonflent la paume de mains et mes doigts, là où frotte le bois la pagaie grossièrement taillée. Le plus s vent, d'ailleurs, je dois haler le canot, ça courant est fort et la rivière encombrée d' infinité de petits rapides mis à jour par (1) Langue des noirs de Guyane, formée de r anglais avec quelques mots hollandais, mais avec syntaxe africaine (N. D. L. R.)
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