LIVRE ANCIEN - Livre d'occasion


page 16 Bmbous dans le Gard

Livre ancien 16 GARD
pies surpris sans doute serait le lecteur à qui l'on tiendrait ce langage : « Point est besoin de franchir les mers pour contemer dans leur pleine majesté bambous Orient et du Japon. Car il est un coin de France, sous un ciel méditerranéen, où des stases d'une telle plantation courent en ngues allées et en bois aux bruissants nbrages. C'est une armée de tiges tour à ur étroitement serrées ou disposées en bon dre, longs lots graciles et solides au vert uillage dont les feuilles fusiformes se jouent I rythme du vent... Ainsi se présente, en effet, aux yeux du siteur, le domaine de PraFrance, dans le Gard. dirigé par M. Nègre, où dans une allée esurant plus de 400 mètres se dressent is bambous de plus de 20 mètres de hauteur de 6o centimètres de diamètre à la base. Culture sous les Tropiques... Les bambous (bambusées) appartiennent la nombreuse famille des graminées. Atteiiant la taille d'arbres ou d'arbrisseaux, ils .ésentent une souche ordinairement rhizoateuse (rhizome = tige souterraine), solide traçante. Les feuilles sont planes et lanolées, les inflorescences en panicule plus moins rameuse. Aux noeuds des rhizomes y a de petites racines disposées en verticille des bourgeons. Depuis très longtemps se urique leur culture dans les chauds espaces l'Inde, du Japon, de l'Indochine, des s de la Malaisie, etc... La multiplication des bambous relève de usieurs méthodes. La première est naturel-ment le semis, pratiqué dans une terre ;ère et à 2 ou 3 centimètres de profondeur. à an plus tard, on procède au repiquage, lis l'année suivante on effectue la mise en ace. Plus simple et plus rapide est le bouturage, / une tige porte de nombreuses boutures. • place celles-ci dans des rigoles à 3o centi- Domaine de Prafrance. Gard: n bambou dans la foret de bambous géants.mètres les unes des autres, en milieu très humide. Quant au marcoeage, c'est dans la première moitié d'avril que l'on y prqcède. Les tiges sont choisies aussi jeunes que possible et incisées au-dessus des noeuds. sans être séparées du pied mère. Soigneusement couchées à Io centimètres de profondeur dans une petite rigole, elles sont maintenues par de petits crochets en bois. L'enracinement bien assuré, on peut alors transplanter le jeune plant. Ce procédé est souhaitable puisque le pied mère assure la subsistance des rejets. Mais ces modes de multiplication classiques ne se justifient fient que dans les régions tropicales, à forte humidité, à végétation automnale. En nos régions tempérées la culture des bambusées appelle d'autres procédés. ...et en régions tempérées. Négligeons le semis, les graines étant difficiles à se procurer en France, la fructification ne s'y produisant qu'une ou deux fois par siècle. Rapidité d'exécution et frais diminués justifient le sectionnement des rhizomes. C'est avant l'hiver ou du moins avant le départ printanier de la végétation que ceux-ci doivent être coupés. Plantés horizontalement dans des rigoles, à 15 centimètres de profondeur et à 3o centimètres les uns des autres, ils montreront quelques mois plus tard des racines qui assureront l'individualisation vitale des nouveaux plants. La division des touffes est le troisième procédé auquel on aura recours avant ou après les grosses gelées. La touffe est entourée d'un fossé. On sectionne les rhizomes rayonnant et l'on plante celle-ci. Enfin on pourra tronçonner la partie basilaire d'un chaume avec ou sans rhizome. Le chaume est extrait avec une portion de rhizome et planté, le bambou étant coupé à 5o centimetres de haut. Croissance-éclair. Groupe bizarre que celui des bambusées, atteignant parfois d'impressionnantes proportions, et cela en un temps record. Ainsi on cite le cas d'un chaume de bambusa Adda croissant de 22 mètres en trente jours, avec allongement contrôlé de 22 centimètres en une seule journée. A pareille vitesse il eût été facile de réaliser un film résumant la prodigieuse croissance. Pour deux autres espèces : bambusa verticillata et bambusa gigantea. la pousse journalière a été de zz et 5o centimètres, la vitesse de croissance étant d'ailleurs assez constante pour une espèce donnée. Comme le postule l'activité accrue de la plante pendant le jour, la croissance diurne est généralement plus importante, bien que pour quelques rares espèces ce soit l'inverse qui se produise. Mais si le chaume atteint rapidement sa hauteur et son diamètre définitifs, il reste sans consistance et ce n'est qu'après deux ou trois ans que sa rigidité permet son utilisation. Fleurir, c'est mourir. Rare privilège pour un bambou que celui de porter des fleurs... Des années passent, vingt, cinquante, parfois près d'un siècle avant que le long fût doré manifeste une étrange lassitude. Sous le panache jauni de ses feuilles qui se flétrissent l'arbre parait malade... Est-ce donc que va sonner pour lui le chant du cygne ? Non, pas encore... La sève coule, mais son apport se localise désor- Domaine de Prafrance, Gard : une partie de l'allée de 4420 mètres de bambous géants. mais plus spécialement en de multiples bourgeons d'où vont jaillir en nombre considérable des épillets florifères. Si la souche est commune, l'âge des rameaux peut différer évidemment ; mais c'est pourtant au môme instant que l'éclosion florale saisit tous les éléments de celle-ci. Les fruits réalisent parfois la promesse des fleurs (car ce n'est pas toujours la règle), mais un intervalle de deux ou trois années peut s'être écoulé. Ce grand acte de la procréation qui doit assurer la pérennité de l'espèce a épuisé les chaumes et la plupart vont unir dans la mort leurs longs squelettes. Ainsi s'expliquent ces nécropoles végétales, ces destructions massives de certains territoires forestiers aux Indes ou en Orient. Pourtant, il n'en est pas toujours ainsi et l'on a vu des peuplements importants fleurir sans que s'ensuivit d'autre dommage que la perte du rameau florifère. Certes, là encore, les plantes ont paru manifester une grande souffrance mais des jeunes pousses ont assuré la relève, comme il fut observé tant à Calcutta qu'en Europe. Dans les petites espèces, d'ailleurs, les méfaits sont moins redoutables et la floraison peut même s'y faire quelquefois annuellement sans que le chaume en pâtisse. Quand vient donc I heure cruciale de la fructification chez les grandes espèces il faut savoir choisir: ou consentir la mort du chaume pour disposer des graines qu'il portera avant de mourir ou couper les chaumes avant qu'ils portent des épis floraux, cause de leur perte. Mais comme tout ici-bas s'inscrit dans une durée fort brève relativement, une heure sonne où le bambou exhale ses dernières poussées de sève. Si ce n'est la floraison qui le condamne, du moins ne saurait-il guère prétendre à une longévité qui dépasse de beaucoup la nôtre. Telle est à peine esquissée la biologie des bambusées, assez plastique, au demeurant, puisque leur culture a été reconnue possible et pratiquée aussi bien dans le nord et le sud de la France qu'en Belgique, en Angleterre et même en Allemagne, chaque pays appelant évidemment une ou plusieurs espèces déterminées. (Suite page 21.) Ifni_ 1 MI 1%/111 LOU UPWI LIWUJ I-PUI I J DANS LE GARD
Revenir à l'acueil Sommaire du livre Nature