LIVRE ANCIEN - Livre d'occasion


123 LA NATURE.

Livre ancien 13
Ukraine Delta du Danube et Roumanie

damment même qu'il n'est nécessaire. Ces roseaux, le sol les produit partout où il est périodiquement arrosé, et aux périodes da crues le fleuve les apporte en masses flottantes qui s'accrochent et s'accumulent au moindre obstacle. jusqu'à ce qu'un flot plus violent les disperse et les reporte plus loin. Quant à la vase, elle recouvre toutes choses lorsque les eaux se retirent et serait un fléau inexpugnable si elle ne formait un limon assez favorable à de rapides cultures, dans l'intervalle de deux inondations. Perfectionnements. Aujourd'hui, quand vous arrivez à Wilkov, vous avez bien l'impression d'y voir des maisons, de vraies maisons, construites en dur. D y en a quelques-unes. en effet, à commencer par l'église du village, batie sur un terrain plus élevé que le niveau des inondations annuelles et édifiée avec des matériaux apportés de loin. Mais ne vous y trompez pas. Beaucoup de ces habitations qui, à première vue, vous paraissent faites de brique ou de pierre, et recouvertes de tuiles, n'ont échappé qu'en apparence à la loi commune, et si vous grattez le crépi qui les recouvre, vous retrouvez tout de suite l'aggloméré de glaise et de joncs de la butte primitive, assez solide d'ailleurs, et de suffisante protection. Il en est de même pour la toiture. Quand elle a l'apparence de tuiles, elle n'est souvent faite que de roseaux ligaturés, très serrés, et maintenus par des lattes qui, de loin, donnent l'impression de plaques disposées en série. Quelquefois, ces plaques existent réel- lement et on retrouve alors dans leur composition l'éternelle vase, découpée en rectangles minces et séchée au feu. Comme à Venise. Tel est le spectacle que vous aurez en vous promenant dans les rues du village. Ou, pour mieux dire, sur ses trottoirs, car les rues, c'est-à-dire les artères par lesquelles se fait la circulation, sont surtout constituées par l'eau du fleuve. Comment en pourrait-il être autrement, alors que cette eau est partout, allonge dans toutes les directions des bras nombreux et mouvants qui à chaque instant s'élargissent, se rétrécissent, changent de place, suivent tous les caprices du temps ? C'est par eau que se font tous les transports. Et si vous-même avez besoin de vous faire véhiculer, que Vingt artisans a Mais com: ment de rapidemer serait bite sible s'il vendre su sont error vers I int c'est la vil (Galati), tante de / mille ha 150 kilom côte, zoo à vol d'ois< rest, qui dépôt pr là, la mar expédiéev occidental pas impo une époq. le cabas cr de vannez portiez vc soit venu Vous vous de Wilkoi Cela, c duit que terre ou l'élément à demi solide lieu Mais, lorsque tant d'eau vc n'en peut-on rien tirer ? On en tire un objet de ranimer< mais d'une valeur bien plus préc précédent. Pour en observer la récolte, groupe qui vient de s'embarquer canot et regardons-le opérer. Pêche an • sterlet ». Il emporte un matériel de pl-cl de fortes lignes d'une soixantain de longueur, garnies de distance d'avançons, soutenant de gros munis eux-mêmes d'un flotteur, q chera de toucher le fond quand 1 immergée et fixée par une ancre à extrémités. tandis que l'autre al bouée qu de la relev Il n'y pats aux Le poissor tout seul. Cc pois turgeon. 1 ou très : la grande mune qu tout tem/ des rivera ral et de qui, en meilleurs. nos fleuve où elle c une rare t raculeuse mais une ment plu sztria, qu jamais d un mètre zaine ou u de kilogs, les grand' russes pet dre presql poids et st huit met gueur. Nos sin une partit habitent I à l'époque printempi vous trouverez bientôt ce qu'il vous faut à la station de barques, comme ailleurs à la station de taxis. Généralement, la berge est aménagée avec des quais de bois ou de roseaux, qui, à la décrue, permettent de ne point piétiner dans la boue jusqu'au-dessus des chevilles. Des ponts légers relient ces vissages, par-dessus les confluents latéraux. L'industrie du roseau. Ce n'est pas le tout de se loger. Il faut vivre. De quoi vivent nos habitants ? On ne s'étonnera pas de voir reparattre le roseau comme matière première de l'industrie principale. Il est employé et façonné de mille manières, sous forme de paniers, corbeilles, sacs, nattes, tapis, jalousies, tamis, engins de pêche. jouets et bien d'autres choses encore Tous les nombreux objets de vannerie fabriqués à VVilkov, ont pour marché central Galatz. à 150 kilomètres de là. Veau est partout et. à la moindre occasion, envahit tout. elle reste le seul chemin où l'on puisse se déplacer en tout temps, 14 remontent les fleuves pour aller pondre et s'en vont ainsi souvent tort loin. puisque. pour ne parler que de ceux du Danube. on les rencontre encore assez communément à Vienne, et qu'on en a recueilli plusieurs fois jusqu'à Ulm. k Ce voyage, quand il est décidé par l'instinct de la race, s'accomplit rapidement, grâce à la puissance du poisson. capable de lutter contre les forts courants. Mais avant de l'entreprendre, ou au retour, quand les jeunes, ayant atteint leur seconde année, vont à la mer pour y achever leur développement. les sterlets s'attardent volontiers dans les estuaires où ils s'habituent lentement au changement de salinité du milieu, dans l'un ou l'autre sens. Tête sans cervelle. Pour s'alimenter, ces poissons, dont la bouche est dépourvue de dents, s'aident de leur long museau pointu afin de fouiller la vase et d'en faire sortir les larves, vers, crustacés, mollusques, etc., dont ils font leur proie. En opérant ainsi, ils se déplacent à peu de distance du fond et finissent tôt ou tard par s'accrocher aux hameçons qui le garnissent. ou par y mordre• en le confondant avec leurs habituelles victimes. On peut noter ici qu'ils sont au nombre des vertébrés les moins favorisés sous le rapport de l'intelligence, le poids de leur cerveau n'atteignant pas le dix-millième de celui du corps I Ce défaut leur nuit encore quand on les ramène à la surface. Tant qu'ils sont dans l'eau, en effet, leur poids spécifique dépassantde peu celui du liquide, ils ne semblent pas se rendre compte de ce qui leur arrive et n'opposent qu'une faible résistance à la traction. Au moment où lis s'en aperçoivent, il est trop tard. Un des pêcheurs, armé d'une sorte de harpon, accroche la bête des qu'il l'aperçoit et, aidé de ses compagnons, s'il le faut, la hisse facilement à bord. La pèche ne se pratique pas que de cette façon. On se sert aussi des filets. Ou bien, en hiver, on ouvre des trous dans la glace. Et comme les esturgeons s'y pressent en masses serrées, on frappe au hasard dans le tas, au moyen des crocs dont nous venons de parler. Caviar et cc Au cours de c la chair est sin gelée, jusqu'à u été, elle est se donne un produi médiaire entre haddock. Mais ce qui sterlet est son ci On sait qu'on oeufs, arrivés à poissons. Sans d'esturgeon et si belougas de la sterlet, formé de plus petits, reste teurs, et d'un pr peux — surtout deur ! On le l'autre• soit lég consommé aussi f soit plus salé et ce qui permet sc En revanche, I la meilleure ich ment dit la cc irremplaçable p des liquides, tels au pouvoir de gc fibres microscopiques qui fini dre en invisible et imponde les molécules sont prises comr On l'obtient à partir de la m de la vessie natatoire, après c née et lavée à grande eau. Telles sont les deux • indt l'humble village de Wilkov. de leur prospérité n'ont pas mondiales. Mais c'est justen personne n'en a jamats ent qu'il nous a semblé curieux d L. la pèche au sterlet est l'autre ressource du pays. On en tire un caviar qui rivalise comme il peut avec celui du grand esturgeon et dont la vente est un monopole de l'Etat. LE MIRACLE DU RIZ gai, gtâce aux eaux de p fuie, pousse depuis des mitlinaixes sans épuise% Ca texte. Par F. MARTIN, INGéNIEUR AGRONOME DOLS les peuples d'Extrême. 2- Orient, le riz et la rizière sont d'origine divine, mais l'Occidental lui-même est saisi d'admiration quand il parcourt pour la première fois un pays de rizières. Dans les plaines du delta cochin. chinois, des centaines d'hectares parfois ne forment qu'un champ délimité par un seul réseau de diguettes. Mais, ailleurs, comme a Madagascar, la culture en flanc de coteaux donne lieu à une série de pièces en gradins, séparées les unes des autres par un mur en terre glaise, surmonté d'une di-guette qui conservera l'eau à la rizière du niveau supérieur. Souvent, le flanc des montagnes est ainsi aménagé du bas en haut, sur des centaines de métres de différence d'altitude. Ces rizières forment un ensemble grandiose ; elles peuvent figurer parmi les Plus beaux travaux de l'humanité. Elles indiquent la somme immense de labeur que le besoin de se nourrir a imposée à certains peuples peu privilégiés par la nature. ars• Malgré les méthodes primitives de culture employées en Extrême- Orient, même .en l'absence de toute fumure, la rizière, fait extraordinaire. continue à donner chaque année des rendements assez import-tants, douze à quinze quintaux par récolte. (La fumure est réduite, en effet, à sa plus simple expression, le bétail élevé dans les domaines rizicoles étant d'importance négli- geable. On fait toutefois la restitution annuelle de ce qui n'est pas consommé par le riziculteur: pailles, balles de riz reviennent au sol.) Comment expliquer que la rizière n'est pas épuisée, malgré des siècles et même des millénaires de culture sans interruption ? Il faut d'abord considérer qu'une récolte de riz n'enlève qu'une faible quantité de matières miné-raies. Elle prèle matières hydro-ces leur source dans D'autre part, le: raies (acide phosi tasse) représentent par récolte seuleme supposer remplacés position progressif rocheux très fins le sol argileux de Quant à l'azote, de l'humus naturel restitué par la pai que l'on fait retour Il faut considérer sous l'eau ne nitrifie la récolte, il se d ment, rendant tout bien impossible, ce aussi à expliquer la rizière. Mais, surtout, le cala apportent an, elles un total d'aze quarante à cinquan. par hectare et par pensent largement le subies par ces sois récolta annuelles. C'est ce caractère de fertilité inépuis de la rizière, après d'exploitation, qui peuples orientaux TI était d'origine divin Mais les rizière Orient n'arrivent pli malgré leur générosit aux besoins d'une po sante. C'est là, toutefoi histoire. Rizières en gradins à Madagascar.
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