LIVRE ANCIEN - Livre d'occasion


123 LA NATURE.

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ue l'augures, ue poussez, ut uum.uvu.b, ut In. blanc, de poulets, de canards. Lors de ces fêtes — véritables marathons alimentaires — tous rivalisent de gaîté et de générosité. Durant dix minutes. chacun, vieux ou jeune, dansera en une longue file autour de la maison, oz à l'intérieur et dans tous les sens. au rythme martelé de bambous frappant le sol et de clochettes heurtant de brillantes cosses de plantes séchées. Puis le divertissement changera et un jeune homme, couvert d'un manteau et d'une coif fure de plumes, arrondissant bras et jambes, exécutera, en l'honneur seulement des femmes et au son d'une mandoline, une interminable et ennuyeuse danse. Farces et facéties sont parties inséparables de l'irait. La façon hospi talière d'accueillir un invité sera de l'arroser de bière de riz à son arrivée. On le renverra. trois jours plus tard, couvert de suie des pieds à la tête. Les Kélabits ne font rien à moitié. S'ils s'adonnent au travail, c'est avec passion ; Voici le paillasse du village, l'animateur de chaque fête. acteur et bouffon tout à la fois, et cependant parfait gentleman a. leurs alliés familiaux. (Les alliés jouent un rôle énorme dans la société kélabite. Mais au lieu d'édifier des mégalithes, vous pourrez tout aussi bien creuser des canaux d'irrigation ou construire des barrages sur les COUS d'eau.) Creuser un canal ou dresser un monolithe constituent d'ailleurs les principales occasions de réjouissances « gargantuesques • des Kélabits. Ils appellent ce genre de fête frau. Ln bon irau dure trois ou quatre jours, pendant lesquels un millier à peu prés d'individus ne cessent pas, pour ainsi dire. de manger, boire, chanter et danser. C'est alors que l'on peut apprécier les goùts artistiques dc-s Kélabits. représentés par la rangée de grandes jarres ornées de dragons qu'ils collectionnent avec serveur et qui s'alignent, débordant de bière de riz, d'un bout l'autre de la maison commune. Ces jarres chinoises, dont les plus belles doivent dater de l'époque Tang et nombre d'autres de l'époque Ming. ont été apportées au long des siècles (et à travers des cols situés à plus de t.500 mètres d'altitude) dans cette région recu- lée où se rencontrent des connaisseurs en matière de poteries aussi fins que n'importe quel critique d'art londonien. Des banquets somptueux. Lors des banquets que nous venons de décrire, de beaux plats anciens, originaires de Swatov et de Canton, sont également descendus des étagères et emplis de monceaux de victuailles car, pour alimenter pareils festins, bugles d'eau, bêtes à bosses, énormes porcs domestiques, chèvres jolies et entêtées, sont immolés en masse. Tout le long de la véranda et à chaque foyer, s'entassent, en outre, des quartiers de bœuf ; sur des bambous noircis et charbonneux cuisent le riz rouge, des pousses de roseaux, des crevettes, des morceaux de venaison. D'autres poteries d'une grâce délicate. fabriquées sur place, sont bourrées de feuilles 12 s'ils se divertissent, c'est frénétiquement et les deux choses s'entremêlent. N'allez pas croire, pourtant, qu'au cours de l'irait règne seulement une débauche grossière. On y respire une atmosphère si amicale, il s'y joint des chants si joyeux, des bavardages si chaleureux, des défis si flairs, qu'ainsi cherchent à s'exprimer, dans la longue chaîne des mois, la détente et la fin des durs labeurs quotidiens de l'aube à la nuit. Un peuple évolué et divers. Dans toute Pile de Bornéo, aucune autre tribu ne pourrait donner des fêtes semblables, les Kélabits étant les seuls à posséder assez de bétail et assez de riz pour les organiser. La plupart des peuplades voisines n'ont pas de bétail et utilisent de défectueux modes de culture, tandis que les Kélabits ont instauré des méthodes d'irrigation du riz qui donnent d'abondantes récoltes et peuvent être em- En dépit de leur éducation s trainte, ou peut-être grâce à enfants kélabits sont d'un t ment violent. Ignorant le gest Batteur de son père, le petit âgé de quatre ans, en est au stage de la colère appelé a 4 et que nous appelions I> Le soir venu, il aura atteint xysme dénommé e mobp ployées même sur de parcelles de terrain peu a Nous retrouvons ainsi dictions et contrastes. I. Lion est généralement cor comme l'Indice d'une chi avancée dépassant de loin turc par jachère. L'élev bétail en est un autre. Cc donc ceci peut-il s'accorder t primitive • maison comn l'ége mégalithique ? Je ne crois pas qu'il y de parler d'accord. Je pet coutumes et moeurs de pe semblables ont été décrits d trop simpliste, en grande parce que l'anthropologie n science très superficielle. r seulement l'accent sur les turcs et les mots. Sous r aspects, la vie d'un Kél meme plus complexe qu d'un Londonien car, pratiqt elle est faite de relations hu directes et très peu réglez par des courants, des fo. des lois strictes. Ces indigènes ne sont ni avancés ni rades, ils forment un peuple actuel, un de 1951. On rencontre chez eux toute l'éche caractères humains, depuis Z jusqu' l'idiot du village, le poète désespéré, le Leur en puissance. l'amateur de chiens solitude, le fervent de la bouteille ! de variétés de caractères et de qu'ailleurs! Et, bien que le cycle de l'agri domine leur vie, les Kélabits savent, n trouver. mais se ménager le temps sain pour s'adonner à une grande di d'autres occupations. depuis le culte aux esprits et l'accomplissement de lem religieux jusqu'à la sculpture sur b distillation. la fabrication de lances de le tissage des vêtements avec la (ibn des feuilles de l'ananas, la broderie sur pour orner de gais gilets. jusqu'à la aux libellules avec des filets à papille. jusqu'à un million d'autres choses. Les membres de cette tribu manifestent un goût très vif pour les belles poteries. Ils collectionnent des jarres chinoises ornées de dragons. Les quatre potiches photographiées ici appartiennent à un Murut, indigène membre d'une tribu occupant la vallée voisine des Kélabits. Bien qu'elles soient fort estimées des Muruts, ces potiches ne sont pas d'un modèle apprécié par les Kélabits.
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