LIVRE ANCIEN - Livre d'occasion


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Livre ancien SCIENCES ET VOYAGES 102-103
Voyages et hébergement

LE MOIS AéRONAUTIQUE

LA BOMBE QUI SAUVE - LE TOURISME AéRIEN BON MARCHé - — L'ACCIDENT DU LEDUC. AIR FRANCE DEMANDE DES PILOTES IL advient souvent, quand on passe en revue les dernières semaines afin d'en dégager les événements caractéristiques de l'activité aérienne, qu'on éprouve l'embarras du choix. Aussi bien ne citerons-nous qu'en passant les petites nouvelles : l'élévation aux plus hauts grades de la Légion d'honneur de M. Albert Caquot, membre de l'Institut, Grand-croix et de M. Louis Bréguet qui compte un demi-siècle de fécond labeur, Grand-officier. Deux très grands noms de l'aviation, qui se passent de tout commentaire. Les TWA (Transworld Air Lines) nous avaient d'autre part convié à l'arrivée à Orly, le mercredi 6 février, du capitaine Heath, recordman avec un total de trois cents des traversées atlantiques et qui compte quartoze mille heures de vol. Longue vie est assurée aux pilotes prudents dont Lucien Bossoutrot nous a montré déjà un exemple.

Couloirs et bombes de sécurité.

Un mot, maintenant, sur ce même chapitre de la sécurité qui est notre constant souci. Voici une bombe... qui ne tuera personne, une bombe de sécurité, dont le propre éclatement doit juguler instantanément ce qu'on appelle « l'explosion » d'un avion lorsque le feu atteint ses réservoirs. Cette bombe projette sur le début d'incendie un souffle de gaz neutre qui chasse les vapeurs d'essence et la flamme en même temps. La bombe anti-explosion grosse comme une orange vient de faire ses preuves en Angleterre et les états-Unis lui témoignent un intérêt multiple, pour les avions militaires exposés aux projectiles comme pour les avions civils exposés au feu ou aux chocs. Après la bombe, voici les couloirs de sécurité. ...La grande organisation internationale l'O.A.C.I. généralisant un essai probant pratiqué il y a dix-huit mois dans le ciel britannique, met à l'étude l'organisation des « couloirs européens » organisés qui donneront une sérénité nouvelle aux voyages aériens, comme si des rails invisibles entourés d'un ensemble complet de signalisation et de contrôle, assimilait les voyages d'un avion marchand à ceux d'un wagon de la S. N. C. F. En février, un accord unanime a associé dans le sens l'O. A. C. I. aux Compagnies aériennes.

Un collier et un « coup dur ».

Nous pouvons, après ces assurances nouvelles, jeter honnêtement un coup d'oeil sur un accident d'un genre particulier et dont nous venons de connaître les résultats d'enquête. Il s'agit de l'avion thermopropulsé de René Leduc, le Leduc 0-10 n° 2 à statoréacteur. C'est à la fin d'un vol d'essai que le capitaine Sarrail en vol pour le C. E. V. (Centre d'Essais en vol de Brétigny), sortait d'un long virage quelque part au-dessus d'Arles et d'Istres. Soudain, baisse brusque de débit et de puissance de la tuyère et cependant il restait près de quatre cents litres de carburant. Sarrail se trouvait face au soleil et vent arrière. Guidé par radio, il se rapprocha d'une des pistes d'Istres, mais ne put l'atteindre et se posa, train rentré, sur le s'entre. Cabine et pilote furent projetés hors de l'avion. Le pilote en sortit cependant et s'allongea sur le sol, souffrant de nombreuses contusions. L'avion n'est pas détruit totalement, mais en partie seulement récupérable. Le pilote,- lui, sera totalement « récupéré ». Leçon de l'accident : risque subi et accepté par le capitaine Sarrail qui montra comment on pouvait limiter les dégâts. Attention attirée sur la combustion dans les tuyères et certains phénomènes actuellement à l'étude. Le « Colliers Trophy » 1951 vient d'être accordé à une machine qui apporte elle aussi son concours précieux à. la sécurité : l'hélicoptère qui a sauvé beaucoup plus de vies humaines qu'iln'en a coûté et qui méritait ainsi la plus haute récompense délivrée pour la sécurité aux états-Unis.

Air-France et le tourisme.

Passons maintenant aux choses de la vie courante et aux informations d'ordre pratique. A partir du ter mai 1952, Air-France ouvrira sur ses lignes France-Amérique du Nord des services « touriste » à tarif réduit à bord de « Constellation » et avec les mêmes avantages que ceux qu'elle a institués vers l'Union Française et notamment l'Afrique du Nord. Les services, d'abord assurés le jeudi et le vendredi à Orly, comporteront cet été jusqu'à cinq liaisons hebdomadaires, avec repas froids et pour un prix de 182.700 francs en pleine saison, puis de 158.550 fr. de novembre 1952 à mars 1953. Depuis le 23 février, d'autre part, les services d'Air-France vers les Baléares ont repris chaque samedi à 12 h. 45. Un quadrimoteur emporte trente-trois passagers à Palma en quatre heures seulement. Liaison en sens inverse le dimanche. Citons enfin le succès des « Croisières aériennes » établies en accord avec diverses agences à l'intention des passagers d'Air-France. Une quarantaine d'itinéraires leur offrent des vacances courtes ou longues vers la Corse, l'Espagne, l'Afrique du Nord, les Alpes, l'Italie ou le Proche-Orient. En quelques jours, ils peuvent goûter le charme de circuits étendus et variés. Le prix forfaitaires s'échelonnent de 50 à 100.000 francs. Il est bon aussi de faire connaître les réductions accordées aux exposants du Salon des Arts Ménagers (28 février-23 mars) venant de l'Afrique du Nord et avec une validité d'un mois. Mêmes avantages en mars, pour le Salon International de la Machine agricole à Paris, en avril pour la Foire d'échantillons de Bâle et en juin pour la Foire Internationale de Bordeaux, où nombre d'exposants d'Afrique du Nord figureront. Voilà qui témoigne bien de l'essor irrésistible et constant du trafic aérien. Une preuve tangible s'y ajoute sous la forme d'un abaissement du taux d'assurances en faveur du fret aérien, déjà fort avantageux. Sur les lignes d'Air-France vers l'Union Française, cette réduction atteint près du tiers. Le fret en 1951 a atteint à bord des avions de notre Compagnie nationale le total impressionnant de trente-cinq millions de kilos.

Appel aux pilotes.

Voici d'autre part une nouvelle propre à ravir les pilotes âgés d'au plus vingt-huit ans, totalisant au moins six cents heures de vol et connaissant bien la langue anglaise : Air-France recrutera parmi eux, par un concours, le 1 er avril 1952, un certain nombre de pilotes stagiaires, d'un niveau d'instruction de l'ordre du baccalauréat. Leur stage commencera le 15 mai. Ceux qui dépassent l'âge de vingt-huit ans, mais titulaires de plusieurs milliers d'heures de vol peuvent poser leur candidature qui sera examinée avec bienveillance. Ainsi quelques passionnés de la vie dans l'azur large pourront réaliser leur rêve. Nous savons qu'ils sont nombreux qui désirent prendre part à cette activité extraordinaire des routes aériennes, dont le sens humain s'accuse chaque jour, dans l'épanouissement du service rendu. Quelque jour sans doute, un des nouveaux élus des long-courriers pourront contribuer à l'un de ces gestes comme celui que vient d'accomplir le docteur Haentges, de Bruxelles, appelé dans le Texas pour sauver une fillette de six ans atteinte d'une tumeur cérébrale. Un Constellation d'Air-France a permis à ce praticien éminent de partir un mercredi à 16 h. 50 pour se trouver le lendemain à 19 h. 15 au chevet de la petite malade après un vol de neuf mille kilomètres. Le secours médical a des ailes immenses. EDMOND BLANC.
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