LIVRE ANCIEN - Livre d'occasion


381 LA NATURE.

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Le quai ; il est important. dans cette opération, de prévenir les infiltrations en employant des argiles d’alluvion, pour luter les joints avant de poser les remblais formés ordinairement de sables de dragages. La construction de chaque tronçon de 25 mètres exige actuellement vingt-cinq jours environ.
Nous dirons peu de chose des autres travaux exécutés à Anvers concurremment avec les murs des quais de l’Escaut: toutefois nous signalerons spécialement la construction des murs des quais du bassin de batelage creusé dans le terre-plein de la citadelle du Sud; car ces murs ont été édifiés sans caissons et par un procédé différent de celui que nous venons de décrire. On s'est borné en effet à couler
au niveau du fond du bassin une couche de béton de 1 mètre d'épaisseur sur 5 mètres de largeur encaissée entre deux files de pieux et de palplanches, la maçonnerie a été ensuite posée sur le béton, et élevée à une hauteur de 8m,35. La fouille nécessaire a été creusée en épuisant les eaux au moyen de deux pompes centrifuges, et le battage des pieux et palplanches, effectué d'abord au moyen d'une sonnette à vapeur, a été poursuivi ensuite sous pression d'eau dans des conditions curieuses. Le sol étant composé de sable fin, on creusait d'abord un trou de 2 mètres de profondeur par simple injection d'eau au moyen d'une lance à incendie, puis on mettait le pieu en place à côté de la lance et celui-ci s'enfonçait alors facilement sous une faible pression
Fig.6 Plan de la ville d'Anvers indiquant les travaux en cours d’exécution pour l'alignement des quais de l'Escaut et l'agrandissement des bassins,
Jusqu’à sa position définitive; quand on enlève ensuite la lance, le sable se referme autour du pieu qui présente ainsi une grande solidité.
Les travaux exécutés par M. Hersent pour l'agrandissement du bassin de Kattendyk méritent également d'être signalés, car ils fournissent un exemple intéressant et sans doute unique jusqu'à présent de l’application de l'air comprimé dans les travaux de percement des galeries à travers des terrains formés exclusivement de sables mouvants.
On s'est trouvé amené, en effet, pour assurer l'écoulement des eaux, à percer une galerie de jonction allant des cales nouvellement construites jusqu’à l'ancienne machine d'épuisement, et on dut traverser à cet effet des couches de sables sans aucune consistance à 8m,50 en contre-bas du bassin.
Le travail dans un pareil terrain présentait en quelque sorte les mêmes difficultés que sous l'eau, et
il fallut encore recourir à l'intermédiaire de l'air comprimé pour soutenir le terrain pendant les travaux.
On perça d'abord un puits de 12m,25 de profondeur, qui devait servir de point de départ à la galerie à construire. Ce puits, qui traverse des couches constamment sablonneuses, dut être creusé en partie à l'air comprimé, il fut garni d'un cuvelage en fonte qui maintenait les parois à mesure de l'approfondissement, tandis que la partie supérieure était hermétiquement fermée par un plateau métallique muni d'une écluse qui permettait de maintenir à l'intérieur la pression d'air nécessaire.
Lorsqu'on fut arrivé au niveau de la galerie à construire, on déboulonna une porte préparée à l'avance dans la virole inférieure, et on commença le travail de la manière suivante : on déblayait le terrain sur une longueur de 50 centimètres, de manière
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